Voilà ce que j’ai retenu de ma première discussion avec Dr. Marie-Hélène Maisonnier sur la question des allergies et intolérances alimentaires. C’est un résumé très schématique d’un sujet complexe et je ne prétends pas être exhaustive.

En médecine chinoise, notre espace abdominal est considéré comme une zone de régulation émotionnelle primordiale, c’est notre base, là où la matière ingérée se transforme en l’énergie dont nous avons besoin pour vivre. On sait aussi depuis un moment que les intestins sécrètent les mêmes neuromédiateurs que le cerveau (notamment dopamine et sérotonine, les « molécules du bonheur »). Pourtant, on a encore un peu de mal, au quotidien, à rattacher l’état dans lequel on se sent physiquement et psychiquement à notre alimentation. Pour être en pleine forme, l’objectif est de permettre les meilleures conditions de cette transformation de matière ingérée. Pour cela, il nous faut (en plus d’être entourés d’amour et de faire ce qui nous plait dans la vie) :

1.     Consommer des produits de qualité, en choisissant des produits sans pesticides et en évitant au maximum les produits industriels et/ou très transformés, appelés « aliments vides », car leur pauvreté en nutriments ne nous apporte aucune énergie

2.     Bouger, pour aider la circulation de l’énergie et les organes à mieux fonctionner

3.     Entretenir une flore intestinale saine, en ayant une alimentation équilibrée, pas trop acide et en limitant le stress entre autres (on y reviendra dans un prochain article)

4.     Avoir une paroi intestinale qui joue son rôle de filtre, qui n’a pas été abimée par des allergies alimentaires. C’est ce point que je développe ici.

Notre système intestinal est composé d’une paroi qui, quand elle est saine, a un rôle de filtre qui permet aux nutriments (vitamines, minéraux, acides aminés) d’être absorbés et aux toxines d’être éliminées. Les allergies alimentaires de type 3 touchent la paroi intestinale. Lorsqu’un aliment auquel notre corps est allergique est ingéré trop souvent, notre paroi s’abîme, s’enflamme, se dégrade et devient trop perméable (ou hyperperméable). Elle ne retient plus les nutriments et les neuromédiateurs qui nous donnent de l’énergie et du bien-être et ne filtre plus les toxines.

See original image
Schéma d’une paroi saine et d’une paroi abimée

Allergie, intolérance, quelle différence ?

Il s’agit dans les deux cas de réponses immunitaires particulières en réaction à un intrus dans l’organisme. Ce que l’on appelle couramment allergie fait référence aux allergies de type 1, aux effets immédiats, causées par des anticorps spécifiques (IgE). Ce que l’on appelle intolérances alimentaires correspond en fait à des allergies de type 3, allergies retardées ou hypersensibilités. Ce ne sont pas les mêmes anticorps qui réagissent (IgG). C’est la défaillance de ces anticorps qui entraine la porosité excessive et déréglée de la paroi intestinale, et comme cela met un moment à se produire, cela ne peut provoquer d’effets qu’un certain temps après l’ingestion d’un aliment et n’aboutir à aucun symptôme permettant de l’identifier rapidement. La dose consommée a son importance pour les intolérances alors qu’elle n’en a pas pour les allergies de type 1.

Les symptômes des intolérances alimentaires

 Il a été constaté que la plupart des intolérances alimentaires étaient des réactions à des aliments consommés très fréquemment et alors que l’alimentation n’était pas très variée. Apparemment, la France est bien en retard sur la question, il est estimé que seulement 10 % des intolérants potentiels au gluten n’aient été identifiés. Les choses progressent, il existe des associations qui aident à mettre en place des régimes et plein de recettes facilement trouvables.

Il est possible que si vous ressentiez des douleurs abdominales, maux de ventre récurrents, ballonnements, constipations, diarrhées, fatigue chronique inexpliquée, mais aussi des sinusites à répétition, le nez qui coule sans arrêt, du psoriasis, de l’eczéma, des migraines, une sensation de déprime ou de tristesse, des membres ankylosés, de l’arthrose, cela soit en partie dû à une intolérance à un ou plusieurs aliments…

Il a également été démontré que les intolérances alimentaires pouvaient participer, entre autres facteurs, à l’apparition de maladies auto-immunes, de maladies chroniques et même de scléroses en plaque.

Comment savoir si on a des intolérances et que faire une fois qu’elles sont identifiées ?

La bonne nouvelle, c’est qu’on peut faire un test Imupro, celui qui est le plus sérieux, dans un laboratoire (je l’ai fait ici mais vous pouvez le faire aussi ici par exemple). Ces sites vous donnent aussi des informations plus complètes que les miennes sur les intolérances. Il s’agit d’une prise de sang qu’on envoie au laboratoire et dix jours plus tard, on reçoit les résultats qui nous disent à quoi notre corps est intolérant. Ça n’est pas donné, il faut être motivé et prêt psychologiquement à arrêter des aliments qu’on consomme souvent, mais si on a des symptômes qui nous gênent vraiment, autant saisir l’opportunité de les éliminer. On peut tester soit les 20 aliments les plus allergènes (sachant que la majorité des allergies sont dues aux « big three » : œufs, gluten, laitages), soit 100 aliments, soit 270 soit 400 si on veut vraiment tout savoir. 

La meilleure nouvelle c’est qu’une intolérance n’est PAS DÉFINITIVE (souvent).

Une fois diagnostiquée, l’idée est d’arrêter de manger les aliments responsables pendant une période donnée (entre 2 mois et 12 mois selon le degré d’intolérance), le temps que notre paroi abimée se répare. Et encore, la semaine dernière, un médecin me disait qu’elle prescrivait à ses patients intolérants à un aliment de ne pas l’arrêter complètement pour que le corps ne perde pas les enzymes nécessaires à sa digestion, donc il peut être préconisé d’en consommer quand même de temps en temps. Ensuite, une fois la durée d’éviction passée, on peut en consommer à nouveau normalement. Le laboratoire vous envoie un livret qui vous guide dans la durée du sevrage et la manière de faire, et j’ai même eu un entretien téléphonique avec une nutritionniste pour répondre à mes questions. Par exemple, on m’a conseillé, ce qui paraît logique, de ne pas manger un seul même aliment de substitution pour ne pas risquer qu’on y devienne intolérant à son tour. Il y a aussi des compléments alimentaires du laboratoire Nutergia qui aident la paroi à se réparer plus rapidement pendant la période d’arrêt.

J’ai fait le test et il y a un presque deux mois j’ai eu les résultats, qui m’ont indiqué que j’étais légèrement intolérante aux œufs et au lait de chèvre et brebis, et assez fortement intolérante au lait de vache. Pour le lait de vache, je m’en doutais vu mon historique familial, et d’ailleurs, si vous faites attention, on sait déjà souvent quels aliments on ne supporte pas trop (mais j’avoue que les œufs je ne les avais pas vus venir). Je ne regrette pas d’avoir identifié des aliments qui ne me font pas du bien et de connaître un peu mieux mon corps, même si c’est assez pénible de devoir arrêter des aliments qu’on consomme beaucoup. Il faut être prêt pour tenter l’expérience mais ça vaut le coup.

Ce que ça change

Marie-Hélène Maisonnier rencontre fréquemment des personnes qui, une fois qu’elles ont réussi à vraiment tenir le régime en éliminant l’aliment néfaste, n’en revenaient pas de voir disparaître des symptômes qui persistaient depuis des années et pour lesquels elles avaient consulté des spécialistes sans succès.

Ce qui est difficile est de changer d’alimentation du jour au lendemain. On doit substituer des aliments avec lesquels on est habitués à cuisiner et on ne sait pas toujours par quoi les remplacer.

Mais l’intérêt de ce test, pour moi, est qu’il nous rend bien moins consommateur passif, on est obligés de s’intéresser à la composition des aliments que l’on achète, alors on a tendance à moins acheter de la junk food qui nous tend facilement les bras quand on fait nos courses, et puis on se met à voir par quoi remplacer les ingrédients pour qu’il y ait quand même un équilibre, et si on est logique, on applique assez instinctivement le principe de rotation alimentaire qui consiste à varier notre alimentation le plus possible, car, finalement, on peut devenir intolérant au produit par lequel on remplace tout ce qu’on n’a plus le droit de manger. On mange mieux.

Et il y a maintenant de très bons blogs et livres de recettes sans gluten, sans laitages et sans œufs. J’y consacre mon prochain article.

En attendant j’adorerais que vous me teniez au courant de votre situation, avez-vous fait des tests ? Si oui, avez-vous réussi à tenir sans manger les aliments interdits ? Avez-vous constaté des changements après avoir arrêté un aliment ?

 

 

Posted by:Sophie

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