Pas de recette concrète mais un article plus nourrissant. Je voudrais parler de notre alimentation.

Au contact d’iraniens j’ai été fascinée par leur approche traditionnelle toujours très présente, qui classe les aliments par température et qui pousse à chercher un équilibre entre les aliments dits chauds et les aliments dits froids pour être en forme physique et psychique. Par exemple, une grand-mère iranienne bondira de sa chaise en voyant un type rougeaud, colérique, qui transpire (considéré comme un tempérament chaud), manger de l’aubergine, des crevettes et des dattes, qui sont tous des aliments chauds, alors qu’il aurait besoin de manger des aliments froids comme de la courgette ou du veau, qui le calmeront. En Iran, presque tout le monde sait quels aliments ne pas mélanger, qu’il y a des aliments qui conviennent à chacun, et quels aliments sont complémentaires pour un repas « équilibré » (pour nous équilibré signifie pas trop de gras pas trop de sucre, des légumes, alors que là il s’agit de l’équilibre au sens large que le repas nous apporte).

Avicenne (Ibn Sina)

Je viens de lire un roman sur le grand médecin iranien Avicenne, c’est lui, au 11è siècle, qui a défini cette vision de l’alimentation et de la maladie dans laquelle il fallait toujours trouver les causes émotionnelles ou énergétiques qui avaient généré le mal. Mais en fait, elle est très proche de l’ayurvéda indien et du Tao chinois, dans lesquels le but est de trouver l’équilibre entre la force yin et la force yang qui est en chacun de nous afin de prévenir les maladies et être équilibré dans notre vie. Ce qui est yin est ce qui est appelé froid (sardi) chez les iraniens, ce sont les aliments plutôt froids, aqueux, passifs, végétaux, fins, doux, les aliments froids sont souvent plus difficiles à digérer. Ce qui est chaud (garmi), ou yang est plutôt sec, actif, animal, léger.

Il y a du yin et du yang, du chaud et du froid dans presque tous les aliments, mais c’est une question de proportions et de moment. En fait, ça n’est pas du tout étranger à la culture européenne, Hippocrate avait aussi parlé de ça dans sa Théorie des Humeurs où il avait identifié quatre humeurs présentes dans les aliments et dans les tempéraments et qu’il fallait équilibrer pour ne pas être malade. Au 12è siècle, Hildegarde von Bingen écrivait aussi sur l’importance de l’équilibre acide-base dans notre alimentation pour prévenir les maladies. ça, on en entend parler en ce moment, tant mieux. Ma mère médecin acupuncteur qui met en application cette approche de l’alimentation comme facteur crucial de guérison (mais pas toujours unique bien sûr), constate parfois au-delà de ses espérances à quel point les rééquilibrages alimentaires qu’elle propose à ses patients peuvent guérir des maux dont ça fait 20 ans qu’ils n’arrivaient pas à se débarrasser, en ayant consulté les meilleurs spécialistes.

2015-05-22 11.35.16
Créer un équilibre en associant l’aubergine et le safran, chauds, au yaourt, froid

Pour nous qui ne sommes pas du tout familiers de cette manière de s’alimenter, je trouve ça vraiment intéressant, d’autant que ça parait assez évident et que nous connaissons tous un peu déjà quels aliments on supporte moins que les autres, sans avoir associé ça à notre tempérament. Ce qui est plus difficile c’est d’identifier de quoi nous avons besoin à quel moment (car ça varie, ça serait trop simple sinon) et de sortir d’une alimentation où on mange ce qui nous fait de l’oeil. On sait qu’on va dormir toute l’après-midi si on prend les boulettes à la cantine, mais il faudrait aller plus loin, être plus à l’écoute de notre organisme quand on mange. On lit des centaines d’écrits sur la nécessité de prendre en main notre santé par nous-mêmes, de sortir de l’alimentation industrielle, je ne suis pas du tout spécialisée là-dedans, je trouve juste primordial quand on fait à manger de savoir tout ce que ça implique.

Il y a plein de classements des aliments selon leur nature chaude et froide, acide ou basique, yin et yang, je vous en propose une version, non exhaustive, il reste ensuite le plus dur pour nous, apprendre à s’en servir. Je vais faire l’expérience cet été et tenterai de donner mes conclusions sur quels aliments je mange alors qu’ils ne sont pas adaptés à moi et quelles conséquences de les arrêter. N’hésitez pas à en faire de même et à me dire ! Je suis aussi preneuse d’ajouts d’aliments dans la liste par ceux qui les connaissent et de vos opinions sur la question.

froids, yin chauds, yang
citron jaune et vert oignon vertccbouleciboule,ciboulette
huitre pois
fromage graine de soja
pastèque radis
poire sésame
petit pois noix
poisson ail
porc cumin
tomate poivre
vinaigre basilic
coriandre vanille
abricot persil
concombre poireau
courge/potiron pois chiche
grenade fruits rouges
épinard carotte
maïs gingembre
rhubarbe haricot rouge
laitue noix de coco
riz cacao/chocolat
lentilles choux
fraise miel
aneth dattes
lait et yaourt mangue
veau banane
lapin pêche
boeuf orange
margarine et beurre aubergine
céleri pommes de terre
courgette champignons
choux safran
pomme de terre et patate douce menthe
carotte raisin
graines de soja pistache
noix de coco blé (pain, pâtes)
moules oeuf
oignon cru cumin
amande
céleri
crevettes
beurre
agneau
thym
fenouil
Posted by:Sophie

One thought on “Manger ce qui nous correspond

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s